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Le choix de la greffe de poumon comme traitement du cancer pulmonaire est assez exceptionnel du fait de la difficulté de sa réalisation. Il existe d'autres méthodes plus courantes : la chirurgie, la chimiothérapie ou la radiothérapie.

Quand procède-t-on à une greffe de poumon ?

La greffe de poumon est réservée aux patients dont la qualité de vie est gravement altérée par leur maladie des poumons. En effet, il s'agit d'une intervention très délicate, le poumon étant un organe fragile. De plus, les risques de décès par infection ou défaillance respiratoire sont importants et seuls quelques centres spécialisés procèdent à cette opération qui dure environ 7 heures.

De façon générale, les personnes concernées par ce type de traitement (deux tiers d'hommes) sont les patients qui souffrent :

La greffe de poumon en cas de cancer reste donc rare.

Étapes de l'intervention d'une greffe de poumon

Le poumon qui va être transplanté provient soit d'un patient déclaré en état de mort cérébrale (maintenu artificiellement en vie), soit, exceptionnellement, d'un parent donneur qui décide de donner l'un de ses deux poumons.

Déroulement de l'opération

Une greffe de poumon est une intervention complexe :

  • D'une part, il faut mobiliser deux équipes médicales différentes : une pour le prélèvement, une autre pour la greffe.
  • D'autre part, les poumons prélevés doivent être parfaitement sains, or, près de 85 % des poumons sont le siège d'un œdème ou d'une infection (d'où l'insuffisance de greffons qui ne couvrent que 30 % des besoins).
  • De plus, le donneur et le receveur doivent avoir le même groupe sanguin.

Si toutes les conditions sont réunies, on peut procéder à 3 types de greffes différentes :

  • la greffe des deux poumons et de leurs vaisseaux (60 % des cas) ;
  • la greffe d'un seul poumon (38 % des cas) ;
  • la greffe cœur-poumons en commençant par le cœur (uniquement si la pathologie pulmonaire est liée à un trouble cardiaque grave, par exemple en cas d'hypertension artérielle pulmonaire).

Après l'opération

Suite à l'opération, le patient reste intubé pendant quelques jours et en réanimation pendant environ 2 semaines. Un traitement antalgique et anesthésiant est administré ainsi qu'un traitement antibiotique qui aura débuté quelques jours avant l'opération.  Un traitement immunosuppresseur à vie (3 médicaments) est également indispensable pour éviter que le système immunitaire reconnaisse le greffon comme un corps étranger et le rejette.

Une rééducation est également mise en place rapidement afin de :

  • développer les capacités respiratoires du malade ;
  • améliorer sa force musculaire et son endurance ;
  • diminuer les risques de phlébites ;
  • prévenir les infections pulmonaires.

Malgré ces précautions, au cours de la première année, le risque de décès est très important et seuls 2/3 des patients survivent. Ils ne sont plus que 50 % après 3 ans, notamment à cause des infections et des rejets aigus. Par ailleurs le traitement immunosuppresseur, indispensable au maintien de la greffe, favorise le développement du cancer du poumon et donc le décès par cette maladie.

Greffe de bronche : alternative de la greffe de poumon

Beaucoup moins connue, mais spécifique aux cancers bronchopulmonaires, une technique offre la possibilité de réaliser une greffe de bronche artificielle. Réalisée pour la première fois en octobre 2009 par une équipe française, cette approche permet d'éviter l'ablation complète d'un poumon.

Concrètement, lorsqu'il n'y a pas de cancer du poumon métastasé, que la chirurgie reste la meilleure option et que la tumeur se situe en périphérie, il est possible de greffer une bronche artificielle qui va alimenter directement la partie restante (saine) du poumon.

La technique qui a été développée consiste en le procédé suivant :

  • Prélever du tissu provenant de l'aorte sur des personnes décédées et à le conserver congelé dans de l'azote.
  • Ce tissu artériel forme une matrice qui, une fois greffée (entre la bronche et la partie saine du poumon) et soutenue par un stent, va progressivement et naturellement se transformer en tissu bronchique en étant colonisée par les cellules des bronches.
  • Les cellules bronchiques se développent à l'intérieur de la matrice tandis qu'une structure cartilagineuse se reconstitue sur la portion de bronche raccordée. Les cellules souches du patient migrent et opèrent d'elles-mêmes cette réparation.

Par conséquent, aucune réaction de rejet n'est à déplorer. De même, aucune absence de compatibilité n'est à craindre et aucun traitement immunosuppresseur n'est donc nécessaire.

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