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L'endoscopie bronchique constitue l'un des traitements possibles pour le cancer du poumon. Les autres méthodes les plus connues sont : la chirurgie, la chimiothérapie ou la radiothérapie. Un vaccin est même à l'essai.

Principe de l'endoscopie bronchique

L'endoscopie bronchique consiste à introduire par le nez ou la bouche un tuyau souple de moins d'1 cm de diamètre qui va permettre d'aller visualiser la trachée et les bronches. Il s'agit donc, à la base, d'un outil permettant le diagnostic d'un cancer bronchopulmonaire, entre autres.

Au cours de cet examen, il est possible de procéder à des prélèvements de cellules (biopsies), mais pas seulement. En effet, au cours de cette opération, il est possible également de réaliser un traitement endobronchique, associé généralement à la désobstruction des bronches (lorsqu'elles sont comprimées par une tumeur).

Intérêt du traitement par endoscopie bronchique

Dans la mesure où le bronchoscope peut arriver à hauteur de la tumeur dans les bronches, on peut :

  • réduire la taille de la tumeur (et donc soulager une obstruction des bronches) ;
  • éliminer la tumeur.

Il s'agit donc d'un acte de chirurgie bien que celui-ci soit beaucoup moins invasif et plus rapide qu'une intervention classique.

Cette méthode est utilisée dans 2 types de situations :

  • Dans le cas d'un cancer du poumon non à petites cellules qui bloque les voies respiratoires. Ce type de tumeur donne certains symptômes caractéristiques tels qu'une toux chronique et des troubles respiratoires.
  • Dans le cas d'un cancer bronchopulmonaires cantonné aux bronches si le patient ne peut pas être opéré ou s'il ne peut pas recevoir une radiothérapie des poumons.

Différentes approches de l'endoscopie bronchique

L'endoscopie bronchique permet plusieurs techniques de traitement endobronchique : le stent, la chirurgie au laser, l'électrocoagulation, le débridement bronchique, la curiethérapie, la thérapie photodynamique et la cryothérapie. On choisit la plus adaptée en fonction de l'objectif recherché.

Dans tous les cas, le patient est à jeun et placé sous anesthésie générale. Selon la méthode employée, la séance dure entre 15 et 30 minutes. Excepté pour la curiethérapie, les méthodes employées peuvent être renouvelées.

Stent

Grâce à l'endoscopie, on peut procéder à la pose d'un extenseur. Ce petit tube (ou filet plastique) en silicone ou en polyuréthane placé dans la bronche maintient les voies respiratoires ouvertes afin de faciliter la pénétration de l'air dans les poumons. Il fonctionne sur le même principe qu'un stent.

L'extenseur n'est utilisé qu'en cas d'obstruction volumineuse nécessitant une ouverture urgente des voies respiratoires (90 % de résultats immédiatement positifs pour une durée moyenne de 4 mois). Il a l'avantage de créer une barrière qui limite la progression de la tumeur à l'intérieur des bronches.

Par la suite, il peut être soit retiré une fois que la tumeur a été éliminée (par radiothérapie ou chimiothérapie), soit laissé en place.

Chirurgie au laser

On peut procéder à une chirurgie au laser (light amplification by stimulated emission of radiation) via l'endoscope. Pour cela, le rayon laser va traverser l'endoscope en étant dirigé vers la tumeur. Le faisceau va directement détruire les cellules tumorales et provoquer dans le même temps une coagulation du tissu tumoral.

  • Cette méthode rapide est utilisée en cas d'obstruction des bronches entraînant des symptômes respiratoires.
  • Elle est efficace immédiatement dans 85 % des cas pour une durée d'environ 3 mois.
  • Cette chirurgie peut être réalisée une nouvelle fois si la tumeur continue à prendre du volume et qu'elle entraîne un nouveau blocage.
  • Son effet curatif sur la tumeur est variable. Enfin, elle a l'inconvénient d'être onéreuse et d'être susceptible de provoquer des perforations.

Électrocoagulation

Une électrocoagulation (ou thermocoagulation) consiste à détruire des cellules à l'aide d'un courant électrique de haute fréquence. Cette technique ne permet pas d'atteindre les tissus profonds. Elle constitue néanmoins une alternative intéressante à la chirurgie au laser lorsque des artères sont proches de la tumeur.

Cette méthode est utilisée :

  • Pour entraîner la coagulation des vaisseaux sanguins lorsque la tumeur saigne.
  • Moins souvent pour éliminer ou réduire la taille d'une tumeur bronchique qui bloque les voies respiratoires (résultats positifs dans 60 % des cas).

L'électrocoagulation est utile car elle permet d'atteindre les petites bronches avec un effet curatif de l'ordre de 80 %.

Débridement bronchique

Le débridement bronchique consiste à réséquer (faire l'ablation de) la tumeur à l'aide d'un scalpel glissé dans l'endoscope. En levant l'obstruction des voies respiratoires (c'est à dire en retirant la tumeur), il est possible d'obtenir un soulagement immédiat de certains symptômes tels que les troubles respiratoires.

Curiethérapie

On peut procéder à une curiethérapie (radiothérapie interne) à l'occasion d'une endoscopie bronchique. On profite de la bronchoscopie pour introduire un produit radioactif d'environ 1 mm de diamètre et de 5 mm de long au sein même de la tumeur du poumon (voire dans la zone où se trouvait précédemment une tumeur venant d'être retirée).

Le radio-isotope (iridium 192) va ainsi irradier les cellules environnantes et éliminer la tumeur (ou les cellules cancéreuses restantes). On réalise entre 1 et 5 séances pour obtenir un effet curatif de 84 %.

La curiethérapie permet également une désobstruction bronchique dans 80 % des cas. Quoique celle-ci soit retardée (elle n'est pas immédiate après l'intervention), elle se maintient plus de 6 mois.

Cette méthode est utilisée :

  • en cas de cancer du poumon non à petites cellules ne nécessitant pas une intervention urgente ;
  • en cas de tumeurs des bronches n'ayant pas été traitées par ailleurs ;
  • en cas de récidives de cancer des bronches ayant déjà été traité ;
  • en cas de petites tumeurs inopérables.

Un des principaux inconvénients de cette technique et de provoquer des inflammations et des hémorragies (dans 20 % des cas) parfois mortelles.

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Thérapie photodynamique

La thérapie photodynamique consiste à administrer au patient un produit photosensibilisant. Celui-ci va être absorbé par les cellules, puis en être évacué. Seules les cellules cancéreuses ne parviendront pas à l'expulser. Deux jours après l'injection, on soumet les cellules tumorales à une lumière qui, avec le produit photosensibilisant, va entraîner leur destruction.

Le grand avantage de cette méthode est d'épargner les cellules saines (ou en tout cas toutes celles qui ont correctement éliminé le produit photosensibilisant). Cette technique est employée pour traiter rapidement une obstruction bronchique (70 % de résultats positifs, mais de façon immédiate dans la moitié des cas seulement) ou pour éviter qu'une tumeur ne vienne bloquer les voies respiratoires. Dans 80 % des cas, cette méthode exerce un effet curatif sur le cancer.

Cryothérapie

La cryothérapie (ou cryochirurgie) consiste à détruire les cellules tumorales en les soumettant à un froid intense. Pour cela on introduit par endoscopie une cryosonde qui va injecter dans la tumeur un gaz (protoxyde d'azote) extrêmement froid. On procède à 3 congélations de 20 secondes. Deux semaines, plus tard, une fois que la zone a dégelé, on la congèle de nouveau jusqu'à ce que toutes les cellules cancéreuses soient éliminées.

  • L'efficacité de la cryothérapie est d'environ 75 % en ce qui concerne la désobstruction des bronches (quoiqu'elle ne soit pas immédiate), celle-ci se maintenant durant environ 4 mois.
  • Comme la thérapie photodynamique, la cryothérapie permet d'épargner un grand nombre de cellules saines et elle est idéale pour traiter les tumeurs très vascularisées (80 % de bons résultats). Par ailleurs, elle n'est d'aucun risque pour les patients qui portent des prothèses.
  • Néanmoins, cette technique reste relativement peu utilisée, car elle nécessite plusieurs interventions si la tumeur est particulièrement volumineuse et une nouvelle endoscopie doit être réalisée afin de retirer le tissu nécrosé.

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